Pourquoi utilise-t-on toujours les mêmes produits de beauté ?

On connaît tous une personne qui utilise le même shampoing depuis 1999 et qui refuse d’en changer. On pourrait nommer cela la loyauté cosmétique. Toutefois, à l’inverse, on connaît aussi tous une personne qui n’utilise jamais le même produit à la suite, si bien que l’on se demande si cela ne tient pas de l’addiction comportementale, une fuite en avant dans le sensoriel, une tendance à l’ennui et à la lassitude, ou alors une quête du résultat parfait. Je ne suis pas psychologue, mais je trouve la question assez intrigante. J’en conviens, c’est le genre de questions un peu bêtes que l’on se pose sous la douche.

Sommaire

  1. La loyauté cosmétique, un refuge ?
  2. Un attachement aux produits
  3. Une façon de réduire le champ des possibles
  4. Un soutien aux entreprises
  5. La flemme, tout simplement

La loyauté cosmétique, un refuge ?

Beaucoup de personnes qui utilisent les mêmes produits pendant des années / décennies semblent considérer certaines textures, odeurs, ou même valeurs véhiculées par la marque en tant que refuge, cocon, doudou ou madeleine de Proust. Parfois, certains produits sont même passeurs d’histoire d’une génération à une autre (la fameuse crème Nivea qu’utilisait une grand-mère, l’eau de Cologne d’un grand-parent, l’odeur du gel douche de ses parents ou les produits cultes comme la Terracotta de Guerlain, les parfums de la maison Hermès…). Ces produits deviennent alors chargés d’affect.

Un attachement aux produits ?

On peut ainsi raisonnablement se demander s’il est possible de s’attacher à un produit, de la même manière que les humains s’attachent aux autres humains, ou aux lieux. Selon la théorie de l’attachement, pour vulgariser, selon les évènements vécus pendant les premiers mois de vie (mais aussi bien après), l’enfant va se construire une vision du monde mais aussi un type d’attachement qui peut être sécurisant (l’enfant pense qu’on peut répondre à ses besoins, sans excès, et va pouvoir les communiquer de manière fluide), évitant (comme ces enfants qui évitent les autres, car ils se sent menacés, et pensent devoir se débrouiller seuls), anxieux (comme ces enfants qui vont paniquer lorsque le parent s’éclipse pour prendre sa douche, car ils craignent que plus personne ne veuille subvenir à leurs besoins), ou désorganisé (un mélange du style anxieux et du style évitant, lesquels s’activent selon le contexte). Ce qui est assez drôle, c’est que de la même manière que les gens s’attachent à leurs proches, j’ai remarqué que beaucoup de personnes avaient peur de voir leurs produits favoris (leur Saint Graal…) être discontinués (voir la production du produit s’arrêter), comme si leur peau, ou leur cheveux, étaient désormais abandonnés à leur sort.

Beaucoup stockent même des produits, de peur qu’ils ne soient discontinués. On remarque souvent cela avec des personnes aux problématiques précises, notamment les personnes qui souffrent d’une affection dermatologique. De manière inverse, énormément de personnes évitent complètement le domaine cosmétique, voire y voient une théorie du complot (Big Pharma, les ingrédients dits cancérigènes, la théorie selon laquelle les crèmes solaires sont un complot pour vendre et faire éviter le soleil, source naturelle de guérison…). Pour eux, seule la génétique constitue un facteur de l’état de la peau, et on ne peut compter sur les soins externes. Paradoxalement, dans cette catégorie, on retrouve néanmoins des personnes qui vont dépenser des fortunes dans des produits de niche très précis (des vitamines, de l’électroménager SANS, de l’argent colloïdal…).

S’ils évitent donc une partie du commerce, ils se montrent très anxieux par ailleurs sur d’autres points.

Une façon de réduire le champ des possibles

L’abondance des choix finit souvent par lasser, voire déclencher une anxiété et une fatigue, notamment lors de la prise des décisions. Pour éviter d’avoir à prendre des petites décisions toute la journée, on peut choisir d’utiliser tout le temps le même objet (comme le fameux tee-shirt de Marc Zuckerberg). Ainsi, le fait d’utiliser le même produit efficace (même si dans l’absolu, il serait toujours possible de trouver plus efficace) permet de réduire ce processus fatigant de petites décisions à renouveler sans cesse.

Un soutien aux entreprises

Cela peut être une marque de soutien financier à une petite entreprise, notamment lorsqu’elles ont des produits de qualité, une éthique particulière de travail et de production, un très bon service client… Le fait d’acheter aux mêmes petits artisans leur permet, quand cette action est multipliée, de poursuivre leur travail et la production des produits. L’arrêt de certains produits efficaces est toujours regrettable, mais s’il n’y a personne pour acheter, on ne peut pas s’en plaindre. C’est pour cela qu’il est important de ne pas prendre pour acquis le travail des meilleurs artisans. Cela ne concerne pas seulement les petites entreprises d’ailleurs.

La flemme, tout simplement

Bon, en interrogeant la population (ce que je n’ai pas voulu faire, je me vois mal partir en micro-trottoir, et demander à une personne âgée pourquoi elle utilise toujours Shalimar…), je pense qu’on aurait une réponse plus simple, et aussi plus authentique qui est : la flemme, tout simplement. En choisissant le même produit à vie, on réduit drastiquement toutes les étapes nous menant à l’achat : les comparaisons, les déplacements, les slaloms dangereux pour esquiver les conseillers de vente…

On pourrait trouver bien d’autres raisons, mais voici les raisons immédiates que j’ai pu trouver en écrivant cet article. N’hésitez pas à me faire part de vos témoignages afin de m’épargner un micro-trottoir…

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