Le monde de la beauté a bien changé (pour le meilleur et pour le pire)

Les flacons

C’est le plus évident. Vous vous souvenez des vieux flacons Dop, Yves Rocher ? Tous ces portraits vieillots dans les années 90-2000 dont on garde un certaine nostalgie (ou pire, pour les plus vieux, les flacons DOP de 1970…), ces fleurs exotiques un peu ringardes… Aujourd’hui, même les produits de supermarché ont eu un ravalement de façade. Bon, j’avoue : c’était mieux avant, ça avait un charme désuet. Il y a des marques qui essaient de faire revivre la nostalgie avec des flacons old school, comme Christophe Robin et Mimétique, mais ce qui me manque, c’est le bon vrai ringard ! Aujourd’hui, presque tous les flacons sont peaufinés, de Pulpe de Vie à Guerlain en passant par Gisou, qu’il s’agisse du graphisme coloré pour Pulpe de Vie, ou de la forme des flacons pour Gisou.

Mamie non contractuelle

Les standards de beauté

Beaucoup de standards de beauté étaient déjà … assez policés et stricts dans les années 60-70, notamment avec le culte de la minceur puis de la maigreur qui surviendra plutôt dans les années 90. Néanmoins, avec la génération Z et son obsession pour la peau parfaite, on atteint des standards de plus en plus élaborés, qui touchent des détails que personne n’aurait remarqué auparavant. Peu de gens connaissaient les filaments sébacés auparavant, aujourd’hui, même des enfants de 13 ans pourraient vous dire ce que sont des filaments sébacés. Ont-ils simplement une meilleure culture dermatologique ? On pourrait voir les choses ainsi en étant un brin optimiste, ou naïf, mais pour ma part, je trouve ça plutôt inquiétant…

Même si quand j’étais jeune, les Clearasil et autres patch anti boutons existaient déjà, je devais avoir peut-être 4 produits de beauté personnels à 17 ans, que je gardais toute une année : un nettoyant visage, un baume corporel parfumé, un shampoing et un après-shampoing (je ne compte pas les savons et les gels douche). Que des enfants aient déjà des soins de beauté visage, à moins qu’ils n’aient de l’eczéma ou une autre maladie de peau, oui, ça me choque. Ce qui est merveilleux dans l’enfance, c’est cette absence de responsabilité couplée à une conscience de soi bien moindre qu’à l’adolescence et à l’âge adulte. Leur donner des produits personnels autres que des gels lavants et des lotions pour le corps (en cas de peau sèche), des démêlants, peut-être des baumes à lèvres, c’est à mon sens une bien triste manière de leur apprendre à se scruter toutes les cinq minutes. C’est aussi une façon de leur donner envie d’atteindre des standards de beauté ou de répondre à des normes de genre.

Se maquiller pour rigoler avec du vernis pour enfant pendant un anniversaire, pourquoi pas, ça peut faire partie des jeux d’imitation. Se nettoyer avec une lotion quotidiennement ? Vraiment, laissons les enfants en dehors de tout ça… Quand j’étais petite, je pensais que faire la vaisselle était une activité cool, agréable. Oui, bon, j’étais l’enfant la plus barbante du monde, ça je ne le nie pas ! Je me disais que les adultes avaient de la chance de faire ça. Aujourd’hui, je trouve que c’est une activité d’un mortel ennui et je ne remercierai jamais les adultes autour de moi de ne pas avoir écouté mon caprice (pourquoi les adultes ont le droit de faire la vaisselle et pas moi ?). Quand on est enfant, on a la même candeur qu’un pauvre type qui prend des champignons magiques. Tout est rose, tout est drôle. Alors l’argument du si ça plait aux enfants, je ne le comprends pas. Tous les enfants rêvent d’être acteurs, chanteurs… Il faut leur faire courir les castings dès l’âge de 5 ans ? Tous les enfants rêvent d’être astronautes… Il faut leur apprendre 8 langues dès l’âge de 2 ans et les former à une brillante carrière scientifique ainsi qu’à des sports de haut niveau dès l’âge de 3 ans ? Parfois, il faut laisser une part de magie et d’idéalisation, et interdire, plutôt que de créer des générations de gamins blasés d’avoir été adulte avant l’âge.

La raréfaction des échantillons

Je trouve que cette pratique des échantillons se perd un peu. Même quand on demande poliment si on peut avoir un échantillon, avec une véritable intention d’acheter, on se fait parfois recaler comme si on cherchait à avoir des extra gratuitement. Je trouve cela dommage. Est-ce que cette pratique se perd car des gens en ont profité pour exiger des échantillons de manière impolie, sans intention d’acheter ? C’est possible. On peut aussi dire que les échantillons sont une forme de gaspillage, car le format contient beaucoup de plastique pour des quantités dérisoires de produits, mais finalement, ça évite aussi de jeter de grosses quantités de produits qui ne conviennent pas du tout, ou d’acheter à l’aveugle sans apprécier le produit à la fin…

L’aspect crédibilité par la preuve, et le marketing scientifique et médical

Le marketing qui s’appuie sur des données (réelles ou non) scientifiques n’est pas nouveau, mais aujourd’hui ce langage plaît beaucoup plus à la population générale. En toute franchise, j’ai plutôt l’impression qu’avant, peu de gens prêtaient attention aux ingrédients, ou aux allégations (je me souviens d’allégations comme cheveux 3,5 fois plus brillants et ce genre de conneries que personne ne lisait). J’y faisais attention, mais c’est parce que je m’ennuyais sous la douche, le temps de démêler mes cheveux il fallait bien lire un objet résistant à l’eau, parce que les bandes dessinées n’étaient pas au top de l’étanchéité… Tout le monde adorait les remèdes de grand-mère comme les masques cheveux à l’huile d’olive et à la mayonnaise. Bon, entre nous, j’aime aussi les recettes de grand-mère. Le problème c’est que parmi toutes ces recettes, il y avait beaucoup de trucs dangereux, comme les masques à la cannelle dermocaustique, les masques au citron photosensibilisants et bien d’autres…

De la même manière, il existait déjà des produits au retinol dans les années 90 mais ça n’arrivait pas encore aux oreilles des plus jeunes (heureusement). Une marque comme The Ordinary est l’archétype de ce courant du cosmétique à l’apparence médicale (même si les cosmétiques ne sont pas considérés comme des traitements médicaux et ont une législation différente). Avant, il y avait aussi une importance très importante consacrée aux publicités sur affiches et dans les magazines de mode, avec les fameuses égéries. Il fallait vendre du rêve, donc pour vendre un shampoing L’Oréal, il fallait un mannequin brun aux yeux charbonneux et aux cils longs, comme pour une publicité mascara ou parfum. Les pubs étaient toutes interchangeables. Dans les publicités pour parfum, le modèle avait ses cheveux mis en valeur, comme s’il s’agissait d’une publicité pour un shampoing. Oui c’était n’importe quoi. Aujourd’hui, même si les égéries existent toujours, elles prennent une place beaucoup moins importantes voire peuvent être carrément moquées. Le public est moins crédule. Aujourd’hui, la place des égéries a à mon sens été remplacée par la place des ingrédients. En effet, quand un nouveau produit sort, ce que les marques s’empressent d’écrire, c’est l’actif star de cette crème, l’acide l’hyaluronique, ou l’ingrédient phare de ce sérum, la Vitamine C. Cela m’amène au dernier point.

Les compositions

On ne peut le nier, les compositions ont changé pour le meilleur ! Les produits sont moins irritants, chaque personne peut trouver une composition qui saura la satisfaire, non, je n’ai rien à critiquer ! Le produit qu’on trouvait chez tout le monde, c’était la laque à cheveux Elnett. Ce truc faisait tousser, il ne servait pas à grand chose, mais tout le monde l’avait.

Conclusion : ça fait deux points négatifs et deux points positifs, soit la parfaite égalité. 😉

Ringarde Skincare

Le site qui ne vous vendra jamais de Drunk Elephant. Les conseils que je vous donne sont ceux que j'applique moi-même.

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